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Lorsque l'on parle d’escrime artistique, il convient de distinguer l’escrime de spectacle et l’escrime artistique sportive.
Selon la définition donnée par L’Académie d’Armes Internationale, L’Escrime Artistique sportive est un sport basé sur la performance de chorégraphies prédéterminées de combat à l’arme blanche (ou contondantes), qui n’impliquent pas de combat réel, à des fins théâtrales ou cinématographiques. Elle peut revêtir des formes différentes, allant de formes strictement chorégraphiques (en solo ou en groupe), jusqu’à diverses situations de combat (duels, combat à plusieurs, mêlées…) en passant par des chorégraphies d’entraînement ou de leçons.
En tant que sport, elle a pour vocation à être évaluée et jugée au sein de compétitions dédiées, sur base de critère technique et artistiques (de la même façon que le patinage artistique par exemple).
L’Escrime de spectacle, en tant que branche particulière du combat de scène, établi nécessairement ses performances au sein d’un film ou d’une représentation scénique, mettant les combats au service d’une histoire plus large.
Si ce n’est cette distinction sur la finalité et les cadres dans lesquelles elles évoluent, il n’y a pas de différence technique majeure entre ces deux pratiques, raison pour laquelle on les englobe sous le même vocable d’ « escrime artistique ». Dans les deux cas, les outils s’est développée en utilisant des armes et des techniques inspirées de la tradition occidentale de l’escrime. Son vocabulaire mêle donc termes contemporains, historiques et notions scéniques.
Cette discipline se retrouve donc au carrefour des arts de la scène (théâtre, danse, cirque…) et de l’escrime historique. Elle peut constituer une discipline sportive à part entière, avec ses compétitions, ou être pratiquée dans un cadre artistique, qu’il soit amateur ou professionnel (1).
Cette situation particulière fait qu’on la rencontre aussi bien au sein de clubs d’escrime, faisant parfois partie du bagage pédagogique des maîtres d’armes ou des moniteur.ice.s, qu’au sein de structures de formation destinées au monde du spectacle et du cinéma, n’entretenant pas de rapport direct avec le monde sportif. Néanmoins, les grands noms rencontrés au théâtre et au cinéma ont historiquement une solide pratique de l’escrime sportive en tant qu’enseignants et/ou compétiteurs. Je citerai Maître Claude Carliez en France, Maître Jacques Cappelle en Belgique, ou en remontant plus loin dans le temps; Patrick « Paddy » Crean dans le monde anglo-saxon.
L’escrime artistique demande une rigueur technique et une précision de tous les instants, car, à la différence de l’escrime sportive ou historique, la touche n’est pas une option ! Ici, pas de protection à 800 N ou des masques, mais des costumes et le visage offert aux spectateur.ice.s.
Dans un duel comme dans une mêlée, le seul à être touché c’est le public ! Les combattants sont avant tout des partenaires et la compétition fait place à la coopération. Celle-ci est l’une des garante de la sécurité de ses pratiquant.e.s.
Elle peut parfaitement se pratiquer à l’entraînement avec des armes sportives (fleuret et sabres non-électriques mouchetés, canne de combat…), ou des armes d’entraînement d’escrime historique (en polypropylène par exemple) mais quand vient le moment d’une présentation publique il convient de s’équiper d’armes spécialement conçues pour la pratique de l’escrime artistique, qui allient à la fois esthétique (approprié au style de l'époque représentée), légèreté, maniabilité et sécurité.
L’escrimeur sportif pourra y trouver un complément très satisfaisant à sa pratique ordinaire. Outre l’aspect ludique et coopératif et la rigueur technique et académique des mouvements, on y développe une conscience et une mobilité dans l’espace à 360° et l’on affine l’appréciation de la mesure. Comme en leçon, on entraîne sa mémoire corporelle, en rôdant des patterns préétablis. On peut également y développer son ambidextrie (en dague et rapière par exemple). Comme en compétition, la détente, la maîtrise de soi, sont des éléments importants de la réussite de la performance. La dimension théâtrale vient aiguiser les aspects proprioceptifs, car le corps raconte une histoire à tout moment : la personne en scène doit donc connaître et maîtriser sa posture tout au long de la performance. La voix portée, que ce soit pour faire entendre ses répliques ou exprimer ses émotions et son effort, demande une gestion de sa respiration.
Enfin, je ne peux que conseiller de goûter à ce stress particulier qu’est le trac ; il viendra également renforcer la préparation mentale nécessaire en compétition.
Alessandro De Pascale
Prévôt Fleuret, Initiateur SE
Advanced Actor Combatant (Fight Director Canada)
(1) Sur ce point, il est important de ne pas confondre les deux : des metteurs en scène ou réalisateurs peuvent être tentés de se procurer des situations de combat à moindre coût... Toute situation de combat dans un cadre artistique professionnel doit être réalisée et supervisée par des cascadeurs et/ou des comédiens professionnels entraînés, et être rémunérée selon des barèmes tout aussi professionnels.
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